PARLER DU VIN

ANTHOLOGIE

CONTES ET LEGENDES HONFLEURAISES

Les Honfleurais, à l'instar des méridionaux, ont toujours été prompts à inventer ou enjoliver des histoires.
Leurs imaginations débordantes, capable de surnommer pour l'éternité un de leur proche est aussi capable de broder ou d'inventer de belles histoires.

Certaines ont à l'origine un fait réel, d'autres sont littéralement créés de toutes pièces:
Je me rappelle, étant gamin, que l'on discutait alors de ce qui se trouvait au fond du bassin: En effet avec une visibilité dans l'eau ne dépassant pas dix centimètres, on pouvait imaginer qu'il se cachait des tas de choses au fond du port. La "légende" veut que, si l'on vide ce fameux vieux bassin, on y trouve une magnifique mosaïque polychrome. Comme évidemment le vieux bassin ne s'est jamais vidé, ou qu'il restait toujours un peu de vase au fond, on n'a jamais découvert ce trésor. Plus prosaïquement certains jeunes imaginaient qu'il était seulement carrelé. La science pourrait à l'heure actuelle nous renseigner sur cette information, mais je trouve qu'il est bien plus amusant de laisser aller son imagination.

Pierre Boutiron, en tant qu'historien Honfleurais, détenteur de la vérité vraie (comme on dit à Honfleur), m'a raconté une étrange histoire. L'"Amiral" me l'a confirmé:
Dans les années trente, un"vapeur" , s'était échoué juste au large de Honfleur. "La vapeur Rono" comme l'appelait les pêcheurs de l'époque, revenait les soutes pleines de vin et de rhum. Il s'était abîmé et avait perdu à la mer la plus grande partie de sa cargaison. Entre autres marchandises on comptait aussi des tortues. Ainsi naquit la légende Boutironesque selon laquelle Honfleur aurait été envahi par ces reptiles à carapace. Plus banalement, "l'Amiral", mousse à cette époque sur le "Sainte Bernadette" baptisée en ce temps là "Le Serge Olivier", me raconta que les pêcheurs Honfleurais, touchaient des primes sur les tonneaux de vin ou de rhum ramenés au port. Un bureau des douanes avait même été installé à titre provisoire, pour réceptionner ces marchandises soumises à des taxes spéciales. Plusieurs marées ont été consacrées à la recherche de ces fameux fûts. On raconte même que l'eau était tellement saturée en rhum, que pour faire cuire le poisson à bord des chaloupes il suffisait d'enflammer une écope d'eau de mer. On dit qu'à l'époque les paysans Villervillais et tous ceux des côtes avaient leurs caves remplies à ras bord de vin et de rhum. Des années plus tard et jusqu'à une époque récente, les chaluts crochaient encore sur l'épave de ce bateau.

D'autres bateaux se sont échoués ou abîmés en baie de Seine.
Vers 1945, après la libération, une grande barge contenant des marchandises diverses vint s'échouer sur la grève de Berville. Des avaries de machines la forcèrent à rester là quelque temps. La légende dit qu'heureusement que les Américains n'avaient pas trop tardé à renflouer leur navire car les Bervillais avaient commencé à démonter les moteurs. Là aussi on raconte que tous les Bervillais de l'époque étaient alors bien fournis en couvertures et biens divers.
On raconte que deux ans après ce naufrage, les habitants du village étaient tous riches comme Crésus ( "Ils avaient tous des maisons neuves quelques mois après"). Que les Bervillais me pardonnent si ce n'est pas la vérité vraie, mais les Honfleurais ont peut-être été jaloux de leurs voisins à cette époque. Dans le même genre de "fortune de mer", un navire rempli de lingots d'or (le "Télémaque"), se serait échoué en aval de Quillebeuf. De même, un Galion chargé d'or serait quelque part sous la plage du butin. C'est sans doute pour cela que l'on voit tant d'enfants l'été sur cette plage avec une pelle et un seau, en train de creuser dans le sable...

Il est aussi une autre chose qui enflamme l'imagination des adultes et des enfants à Honfleur: Il s'agit des souterrains. Il paraît qu'il y en aurait plusieurs. Certain disent qu'ils étaient construits pour échapper aux invasions des Anglais. D'autres disent qu'ils étaient creusés pour des trafics de contrebandes. Il paraît qu'il y en aurait un dans ma cave. En effet on y voit comme une petite voûte qui s'enfonce vers l'église Sainte-Catherine.
De cette église partirait d'ailleurs un grand souterrain, qui passerait à côté de la cave de madame Lenormand, avec une issue dans cette cave et qui irait rejoindre le Butin. Des explorations ont été tentées, mais devant le risque d'éboulement et le nombre de grilles à franchir, personne n'a pu à l'heure actuelle aller jusqu'au bout de ce boyau. Madame Leliévre se rappelle très bien voir sa grand'mére, la femme du forgeron, déverser des tas de cailloux pour tenter de boucher ce trou. La plage du Butin porterait son nom à cause de l'âme de naufrageurs des Honfleurais. Ils y allumaient des feux pour attirer les navires. Les souterrains servant ensuite à cacher "le butin". Une autre légende "catastrophe" remonte du souvenir de mon enfance. Il paraît qu'il y a très longtemps, se trouvait une ferme sur le banc du ratier. A la suite d'un cataclysme, cette ferme alors sur une île aurait été engloutie. La preuve ?
Quand on se balade à marée basse à Vasouy, il existe des plaques grises qui sont les vestiges de la forêt de cette époque.

Les contes et légendes existeront toujours à Honfleur: elles se transmettent de père en fils et sont soutenue par le passé historique de Honfleur. Qu'elles soient vraies ou pas n'a pas d'importance. Ce qui compte vraiment c'est qu'elles sont encore capables de nous faire rêver.

Pierre Barré Pharmacie du Passocéan.1997.

 

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